Accueil du site - Contractualisation - Un prix de l’agneau très alertant pour les producteurs ovins français

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Le prix de l’agneau a connu une très forte baisse depuis le mois de mars, avec un PMP (prix moyen pondéré des régions) qui est passé de 6,51 €/kg début mars à 5,64 € mi-juin. Ce prix de la semaine 23 est inférieur à 6% par rapport à l’année 2015 (‐36 centimes) et à 10% par rapport à 2014 (-66 centimes).

Par ailleurs, cette moyenne cache de fortes hétérogénéités entre régions avec des prix parfois très inférieurs.

La baisse saisonnière des cours (après Pâques) est donc pour l’année 2016 plus précoce et surtout plus marquée que les années passées et les signes d’une reprise ne se font toujours pas apercevoir. Les facteurs expliquant cette conjoncture sont multiples.

* Les abattages d’agneaux ont été dynamiques sur la première partie de l’année 2016, notamment par une hausse du nombre d’agneaux de race laitière.

* Au cours des dernier mois, le marché des peaux d’ovins s’est effondré. En effet, l’export a été rendu difficile vers la Chine par la dévalorisation du Yuan et difficile vers la Russie à cause de l’embargo. Cette valorisation très difficile du cinquième quartier a accentué la baisse du prix.

* Des carcasses d’agneaux d’importation, venant notamment d’Espagne, sont arrivées sur le marché avec des prix très compétitifs.

* Enfin, et c’est particulièrement préoccupant, la chute de la consommation française continue de se poursuivre. Les conditions météorologiques ont joué, mais ce n’est qu’une partie de l’explication. Entre le 28 décembre et le 15 mai 2016, la consommation a reculé de 6% par rapport à la même période en 2015 (d’après le panel Kantar).

Bien que les prix payés aux producteurs soient plus bas, les prix payés par les consommateurs sont eux toujours plus élevés : +2.2% entre le 18 avril et le 15 mai 2016 par rapport à 2016 (d’après le panel Kantar).

Alors que la production ovine française est encore convalescente et que les efforts des éleveurs et de la filière pour produire plus d’agneaux commencent tout juste à porter leurs fruits, cette baisse des prix n’est pas un signal positif.

Aussi, les éleveurs ovins souhaitent faire évoluer cette situation qui n’est plus tenable en travaillant avec l’intégralité des maillons de la filière. Il paraît nécessaire d’échanger entre professionnels de la filière, pour construire ensemble les solutions qui permettront à chacun d’obtenir un prix rémunérateur.

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